C’est arrivé près de chez vous (1992) & No Country for old men (2007).

C’est arrivé près de chez vous (1992) & No Country for old men (2007).

« Pigeon,

Oiseau à la grise robe,

Dans l’enfer des villes à mon regard tu te dérobes,

Tu es vraiment le plus agile »

B. Poelvoorde

Dans le film de 1992 C’est arrivé près de chez vous (CAPCV), interprété par Benoit. Poelvoorde, c’est sur ces quelques vers que s’ouvre une lucarne sur le personnage principal, qui s’affaire ensuite à s’introduire chez une vieille dame, et la tuer afin de mettre un coup de canif dans son sommier, un gagne pain comme un autre. CAPCV, faux documentaire entièrement tourné en noir et blanc, en Belgique en automne, restera teinté du gris du béton et des endroits clos ou froids, alors que No Country For Old Men (2017), un autre film que nous aborderons ici, nous régale de paysages de l’ouest, la beauté sauvage aux abords de la frontière mexicaine, sous toutes les nuances de l’aube et du crépuscule, des paysages tranquilles et intemporels, instants de rêverie dont nous seront arrachés par les conséquences d’un deal de drogue qui aura mal tourné.

Dans le premier, (CAPCV) la folie éclate en violence, d’entrée de jeu, compilée en autant de flash que de victimes, une introduction arborant un style « dans la gueule ».

Dans le second, le rythme sera plus posé, et l’évidence de la folie des hommes, et de certains en particulier, sera dévoilée au fil de la piste poussiéreuse suivie par nos protagonistes. CAPCV nous entraîne aux cotés d’une équipe de tournage, s’étant approché de B. Poelvoorde afin de le suivre dans sa vie et son « oeuvre ».

Passés les premiers instants, le rythme initial, donné par les flash épileptiques de l’introduction sera tempéré ensuite, par des scène de vie du quotidien entre B. Poelvoorde et les différents proches qu’il aura invité, fièrement, à apparaître dans son « sujet ». De la même façon, les scènes joyeuses de beuverie avec l’équipe du film contrasteront avec la froide exécution de ses « tâches ».

Autant B. Poelvoorde est bavard et dangereusement chaleureux dans son interprétation, autant Javier Bardem,dans le film No country for old men NCFOM, est silencieux et froid dans la sienne. L’observation de notre fou se faisant à l’aides de gros plans, sur un acteur à gueule,(une gueule de cinéma, inhabituelle et photogénique).

Le prisme des interactions humaines, tout aussi glaciales de la part de notre J. Bardem, jusqu’à ce que l’on sente le feu chercher du bois, le déclic, et la pièce, qu’il sort de sa poche afin de parier le sort de son interlocuteur à pile ou face, selon le degrés de gène, que ce malheureux aura occasionné.

Ces deux façons de filmer sont très intimistes, presque trop pour être à l’aise, car autant du côté de B. Poelvoorde, que de J. Bardem nous aurons droit àdes gros plans malaisants sur un bon taré des familles, sous toutes les lumières et les angles disponibles .

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